En Côte d’Ivoire, les filles de ménage se rebiffent

« Cela fait trois mois que Madame et moi faisons le tour des agences de placement. Malheureusement, nous n'obtenons personne », déplore Emile, visiblement désemparé. Après trois ans de chômage, l'informaticien de 34 ans a quitté en juin son Sicobois de Port-Bouët pour s'installer à la lisière du quartier chic de Cocody-Angré, dans l'est d'Abidjan. Sa maison lui coûte 100 000 francs CFA, près d'un tiers de son salaire mensuel. L'ingénieur pensait avoir suffisamment de réserves pour se payer les services d'une fille de ménage qui ferait la lessive, accompagnerait ses deux enfants à l'école, mais il a déchanté. « Il y a cinq ans encore, rappelle-t-il, avec 15 000 francs CFA [23 euros], on se trouvait rapidement une servante. Parfois même on avait l'embarras du choix. Aujourd'hui, ces filles-là réclament entre 30 000 francs CFA [46 euros] et 60 000 francs CFA (92 euros). C'est incroyable ! » L'ingénieur indigné, qui compte épargner pour s'offrir une voiture, refuse de débourser une telle somme. Surtout que certaines filles refusent de passer la nuit chez l'employeur ou encore de s'occuper d'enfants trop turbulents, dit-il. « Le comble, c'est qu'il y a même des bonnes qui fixent l'heure du travail, de 7 heures à 18 heures, afin de pouvoir rentrer chez elles. Alors que nous, les parents, rentrons tardivement en raison des embouteillages dans la ville ! » Son voisin, Rodolphe, lui, a jeté l'éponge dès sa première tentative. « Il nous fallait juste une fille pour la lessive et la cuisine afin de soulager mon épouse, qui est nourrice. Elle nous a fixé un salaire.

Autres actualités